Vivre d’une petite audience grâce au Storytelling

Tout est parti à la suite d’un article sur le constat de notre monde médiatique. En le partageant, j’écrivais hier ceci : 

Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec Fun radio qui fait des sondages / blagues sur le viol conjugale, au lieu de produire du vrai divertissement et de l’information de qualité.

Vous comprenez la nécessité des histoires qui vendent et du Storytelling ?

Ça évitera à l’avenir d’être payé “à l’audience” et de rentrer dans ce toujours plus de clics, dont nous n’avons absolument pas besoin pour faire de la qualité.

On parle souvent de “petites audiences” – et j’pense que j’vais carrément en faire un article.

Parce que oui, vous pouvez générer autant de CA qu’un gros média qui sur-produit du contenu de merde, avec seulement quelques personnes sur votre liste.

Le monde des médias part en sucette, soyez un moteur vers la qualité plutôt qu’un frein.

Et si vous voulez lire ce que je raconte sur le sujet, c’est là : https://jkohlmann.fr/newsletter

PS : Si tu n’es pas d’accord avec ce constat sur l’industrie de l’information et les dérives publicitaires et façon de vendre, tu ne vas pas aimer ce que j’écris chaque jour, pas la peine de t’inscrire.”

Alors voilà, je vais vous apprendre ici que oui, on peut faire du contenu génial et divertissant, et très bien vivre avec une toute petite audience.

Disclaimer : Avant de commencer posons ensemble les bases. Je ne suis pas un bisounours tous les jours, et je prêche pour ce qui marche de mon côté. Ce n’est pas le seul modèle, je vous dis simplement que celui-ci est viable. Que vous soyez un indépendant, dans les professions du Care, que vous soyez un influent devant passer un message, un dirigeant, peu importe – vous devez comprendre l’état de notre système médiatique et que OUI, on peut faire de grandes choses avec une petite audience grâce au Storytelling.

 

Un constat : Le monde des médias en quête d’audience – toujours plus.

C’est un constat très simple que fait Ryan Holiday dans son livre “Trust me i’m lying, confessions of a media manipulator” (je ne vous ferai pas l’affront du titre français).

Pour comprendre comment on se retrouve avec de telles horreurs en Trending topic, il faut savoir que le monde des médias est financé en TRES grande partie par la publicité (un peu par l’état, un poil par des abonnements etc… mais surtout la publicité).

Comment ça marche la publicité dans les médias ?

Plus tu as d’audience, plus tu peux justifier de facturer CHER des marques haut-de-gamme pour qu’elles s’achètent des encarts.

Tu ne crées pas de communauté, tu ne donnes pas de valeur, tu veux toujours plus d’audience, toujours plus de clic, toujours plus d’audimat, parce que c’est ça qui justifie ce que tu vends.

Donc on fait du buzz à la télé (peu importe ce qu’on perd en chemin), on fait du très chaud à la radio, et on produit ENCORE et ENCORE toujours plus de contenu sur le web. Puisque plus d’articles égal plus d’audience (malheureusement c’est une réalité).

C’est ainsi que Melty par exemple a développé un algorithme trouvant en avant les sujets qui vont être trendy. Il n’y a plus qu’à trouver une armée de rédacteurs pour bosser dessus et s’attirer les bonnes grâces de google, dont le modèle est de vendre de la publicité sur VOS contenus.

Et tout ça est ok hein – on surf tous dessus, ne nous mentons pas. Juste, il faut poser les bases, la réalité.

Google a intérêt à ce que vous créiez tous de plus en plus de contenu, comme ça c’est toujours plus le bordel, et comme ça il peut trier, et vendre de la mise en avant. C’est pas plus compliqué.

(A relire à ce sujet, le très bon article qui nous vient de chez Flint à ce sujet)

Peut-on trouver d”autres modèles que la publicité pour financer un média ?

Spoiler alert : la réponse est évidemment oui.

On voit d’ailleurs certains médias (surtout spécialisés) trouver des moyens de financer l’information en interne, et non plus par la publicité.

Copains oblige, je pense fortement à BonneGueule par exemple, média sur la mode masculine / le style ; qui s’est affranchit de toute publicité et a inventé son modèle économique (une marque de vêtements). L’un portant l’autre et inversement, tout en faisant en sorte qu’ils ne communiquent que modérément entre eux (on appelle ça l’éthique d’ailleurs).

Et je salue au passage leurs dernières avancées, comme une campagne géniale dans le métro. (cf. Photo ci-dessous)

 

Si eux l’ont fait, soyons d’accord : la théorie est donc possible.

Pourquoi alors ne voit-on pas plus de médias se séparer de la sacro-sainte publicité pour faire AUTREMENT ?

J’avais la discussion il y a quelques mois avec le rédacteur en chef d’une chaîne de télévision locale (il y en a plein en France vous savez).

Après 2 whisky, je lui disais sûr de moi et plein d’assurance :

  • Mais au lieu de vendre tes audiences avec du toujours plus de clics etc… Pourquoi ne pas créer des programmes courts en partenariat avec une marque par exemple, pour que la marque s’associe à votre message, mais que votre audience vienne parce qu’elle se reconnaît etc… et essayer de changer un peu le modèle. ( Je pensais alors aux micro-émissions web comme Fraiche by Minute buzz (aka TF1) et bien d’autres encore).
  • Ah non non non Jérémy on peut pas faire ça, c’est pas notre métier, on n’a jamais fait comme ça.

 

Voilà… On a  toujours fait comme ça.

Oui enfin c’est peut-être pas tout à fait une raison pour continuer à nourrir un monstre qui a clairement pour but de nous dévorer.

Toujours plus d’audience, toujours plus de mauvais contenu, toujours plus de contenu, et des médias qui DEPENDENT de leurs audiences pour survivre (et quand on coupe le robinet, des centaines de personnes sont à la rue, cf. ce qu’il s’est passé pendant les 2 dernières années avec les médias basés sur leur audience Facebook).

Et ouai.

Quand on dépend ESSENTIELLEMENT d’une seule source de trafic, ça fait mal quand elle s’arrête.

 

Pourquoi les entreprises et les personnes peuvent et doivent devenir des médias

C’était quelque chose que je vendais il y a encore quelques mois de ça, et dont le terme plaisait modérément : Je vais transformer votre marque en média.

Ouhlalala Jérémy mais tu sais, nous on écrit pas, on ne tranche pas, on ne prend pas position, on n’a pas de lecteurs, on veut juste vendre nos produits”

Ah ça…

Les entreprises sont frileuses à devenir des médias.

En effet pour cela, il faut produire de l’information de qualité (mais pas que, on le verra plus bas), il faut prendre la parole, assumer une image, un message et décider que, en dehors de nos produits ou services, on vend surtout notre prise de position et nos valeurs.

People buy why you do it, they don’t buy what you do – nous disait encore et encore Simon Sinek (Ne lisez pas le livre, le TedTalk suffit LARGEMENT pour tout résumer).

Vos clients achètent votre message, vos valeurs, votre humanité, vos histoires, vos prises de position.

Si nous avons le choix entre 9 marques de lessives identiques à peu de choses près, nous achetons celle de laquelle nous nous sentons la plus proche.

Comment ?

oui la publicité oui, ça marche bien.

Ça coûte cher aussi, et nous sommes dépendants des audiences, encore.

Et si vous pouviez parler à vos clients QUAND VOUS VOULEZ ?

Ah ce serait un truc pas trop mal ça tiens… On pourrait même leur apprendre à mieux faire la lessive.

Et leur dire comment sauver leurs vêtements des tâches avec des conseils simples. Même pas forcément basés sur nos produits, mais bon, ils nous feront confiance donc ils vont les acheter parce qu’ils aiment nos valeurs de marque et nos conseils.

PAF.

T’es devenu un média.

Il y a peut-être un intérêt finalement…

Il y a quelques années encore, on aurait appeler ça du Lobby et des relations publiques.

Aujourd’hui on a internet, il nous suffit de prendre la parole pour devenir une marque média. Les supports sont partout, il suffit d’apprendre à jouer avec et d’en avoir les codes.

 

Entrepreneur, média, indépendant : comment entretenir son audience ?

 

  • Oui Jérémy, mais c’est facile quand t’es une grande marque et que t’as une grosse audience bla bla bla, mais ensuite tu lui racontes quoi et à quelle fréquence à cette audience ? 

 

Calme-toi Pimprenelle.

C’est à toi de donner le ton, le rythme, les conseils, c’est ton rôle (ou le mien quand on travaille ensemble, ça tombe bien non ?)

Tu peux entretenir cette audience avec les principes du Storytelling, de l’infotainment, en lui écrivant souvent et en apportant de la valeur à cette audience.

Parce que si ces personnes quittent la télé, la radio, les médias tradi pour venir vers toi, c’est bien qu’ils cherchent quelque chose !

Je t’arrête,  on cherche toujours la même chose : information ou divertissement.

Tu peux devenir un média et produire l’un ou l’autre peu importe ta taille, ta légitimité, ta capacité à écrire des choses géniales ou non. C’est toute la beauté du monde d’aujourd’hui. TOUT LE MONDE peut prendre la parole et devenir un média à son échelle.

Tu es ensuite responsable de ce que tu en fais.

Et il vaut mieux un peu moins d’audience de qualité, plutôt que des centaines de milliers de lecteurs / auditeurs qui s’en foutent.

Car oui, plus ton audience fait attention à toi, plus elle est susceptible de te suivre dans toutes tes digressions, et certaines peuvent tout à fait être commerciales.

Si ton message est assez clivant, une petite part de cette audience te suivra au bout du monde, on appelle aussi ça les Hardcore fans. (PS : Donal trump maîtrise ça très bien).

 

Vivre d’une petite audience en 2018/2019

Je vois ça tout le temps quand mes clients vendent essentiellement grâce à leurs audiences et qu’on parle VRAIMENT chiffres.

Quand j’annonce mes tarifs de coaching, on me dit : oui mais toi tu peux te le permettre parce que t’as une grande audience et que du coup, si les 9/10 ne sont pas d’accord, tu t’en fous.

  • Je n’ai pas une si grande audience que ça, simplement ce sont des personnes convaincues par ce que je raconte
  • Si certains partent, je m’en badigeonne les testicules avec le pinceau de l’indifférence, je n’ai rien à faire avec eux
  • C’est justement parce que je chéris ma petite audience et que je suis proche d’eux, que nous avons un imaginaire fort et commun, que je peux pratiquer les tarifs que je pratique – ils ont confiance en moi et savent ce que je vais leur apporter.
  • Si certains boudent c’est pas grave, de toute façon mes coachings sont actuellement sur liste d’attente (true story).

 

Comment je gère tout ça ?

Je ne me bats plus pour toujours plus d’audience, je m’en fiche.

La théorie dit qu’on pourrait vivre et faire vivre une entreprise avec 1000 hardcore fans qui achètent tout, en fait, on peut le faire avec beaucoup moins, tout dépend de ce que tu leurs apportes.

Moins ils sont, plus tu peux donner, plus ils sont prêts à te suivre.

Plus d’audience ne m’assurerait pas aujourd’hui plus de revenus. Au contraire. Je ne pourrais pas faire plaisir à tout le monde, je ne suis pas un pot de nutella.

Alors j’essayerais peut-être, égo inside, et je deviendrai exactement comme tous ces médias qui dépendent de l’audience, alors que je prône la marque média et l’entrepreneur qui prend la parole pour s’affirmer et trouver son message. (Et là, on parle bien d’avoir un bon Storytelling)

Pour vivre et faire vivre une entreprise avec une petite audience en 2018/2019, il faut trancher, s’affirmer, choisir le message que tu veux porter, et aller au bout de ce raisonnement.

Nous n’avons pas besoin de plus d’audience, de plus de contenus, nous avons besoin d’un imaginaire commun, de valeurs.

Comment le Storytelling et l’infotainment engagent votre audience à vos côtés

C’est là que ça devient rigolo puisque je nage clairement là où j’ai pieds.

J’utilise quotidiennement pour moi et pour mes clients, des principes de Storytelling, de Copywriting et SURTOUT d’infotainment pour engager des audiences autour de mêmes valeurs, d’idées, de sujets forts.

En faisant cela, on trouve des personnes qui pensent la même chose que nous et ensemble, on va au bout du monde s’il le faut.

C’est EXACTEMENT ce que faisaient les relations publiques dans les années 20 (il faut lire Propaganda) et qu’elles font encore aujourd’hui – sauf que nous, nous avons choisir de devenir des marques médias, des entrepreneurs qui prennent la parole avec les grands principes du Storytelling, et que cela permet d’engager des petites audiences tellement fortement, qu’il n’y a plus besoin de forcer les ventes de quoi que ce soit.

On adhère à une idée, bien plus qu’à un produit.

“Vendez moi ce stylo” – non jamais.

” Vendez moi l’idée de tout ce que vous pourriez faire avec ce stylo” – Oui, carrément.

 

Imaginez alors que chaque produit devienne une histoire, une histoire qui fait du bien, qui engage, qui véhicule des valeurs fortes et communes, qui divertisse parfois aussi, une histoire que l’on aurait envie de suivre quotidiennement, et à laquelle on deviendrait presque accro.

Imaginons 3 secondes que toutes ces émotions soient associées à une marque ou un entrepreneur, et que sa vision coïncide avec ces valeurs, imaginons aussi qu’il / elle veuille VRAIMENT aider les gens (parce que sinon, c’est de la vilaine propagande dégueulasse).

Imaginez la force d’un tel dispositif pour générer des ventes, en faisant du bien.

Bienvenue dans les grands principes de l’infotainment, du Storytelling de marque, du Native advertising et autres grands mots compliqués pour dire : nous allons créer des histoires qui vendent.

 

Et maintenant on fait quoi…

Ah la grande question.

Il va nous vendre quoi maintenant.

Moi ? Franchement rien. Pas besoin.

Si tu es convaincu par tout ce que l’on vient de se dire, si tu as envie d’apprendre à en faire de même, parce que tu sais qu’on peut changer le monde des médias, la façon de vendre, et faire du bien, ajouter de l’émotion dans le monde des marques – alors tu vas simplement laisser ton email pour recevoir ce que j’écris chaque jour.

Sinon, on se quitte ici.

A bientôt !

Jérémy, 

Written by Jérémy Kohlmann
Je m'appelle Jérémy, et j'ai créé ce blog aussi bien comme carte de visite que moyen d'expression. Nous traiterons ici de ce que j'aime (le sport, la santé, l'aspiration au mieux-être) mais aussi de ce que je fais (la stratégie digitale, les réseaux sociaux, le Brand Content). Pour plus d'informations, le menu contact est juste au-dessus. Qui je suis ? Je suis un conteur moderne.