Petite leçon de communication politique

Avec tout ce qu’il se passe actuellement, aux Etats-Unis notamment, mais aussi ailleurs, la communication politique n’a presque jamais été aussi intéressante selon moi. J’ai pris un peu le temps de l’observer, le plus froidement possible, sans prise de position d’un côté ou de l’autre, et j’en ressors quelques points clés – intéressants, qui font peut-être la différence.

Je me suis posé quelques questions sur ce qui faisait ou non une bonne communication politique, en période d’élection ou le reste de l’année finalement. J’ai le plaisir de connaître dans ce milieu, des gens très investis comme des communicants, ou encore des personnes « de l’ombre » – j’espère qu’elles ne me tiendront pas rigueur des erreurs possibles, je suis comme beaucoup le savent, bien loin de tout cela.

A qui vous adressez-vous ?

C’est finalement la première question à se poser, en communication et bien plus encore en politique, et je pense qu’elle peut changer la donne.

A qui parle-t-on ?

Bien entendu, en politique, cela correspond à trouver qui sont ses électeurs potentiels, quel parti est le plus à même de nous correspondre, mais cela va plus loin.
Quels sont les humains qui sont susceptibles de voter pour vous ? Quelle est leur vie ? Que gèrent-ils au quotidien ? Qui sont-ils vraiment ?

Oui je parle encore une fois de comprendre l’humain pour avoir une communication efficace, puisque finalement, il n’y a que ça qui compte.

Si vous comprenez vraiment les personnes en face de vous et leurs vrais problèmes quotidiens, vous pourrez leur dire que vous les avez compris, que vous voulez et pouvez les aider, et mieux encore, vous le ferez.

On reconnaît un grand dirigeant à la façon dont il traite le peuple, c’est également vrai en communication. Comprenez le public auquel vous vous adressez, et vous soulèverez les foules…

Mimétisme de langage

Et parlons-en des foules. On sait qu’elles ne comprennent que les messages simples, les idées faciles, c’est comme ça (Gustave le Bon – psychologie des foules).

En choisissant d’adopter leur langage, vous passerez beaucoup plus facilement votre message, et comme une « inception », votre idée pourra germer et se propager.

Une idée doit être simple, et dans le langage de votre interlocuteur.

On appelle ça du mimétisme, on se calque, on ne se place pas au-dessus par son champ lexical.

Vous souhaitez aider la classe ouvrière ? Ne leur parlez pas de « Dichotomie » – ils ont bien d’autres problèmes à gérer dans leur quotidien que votre verbiage politique.

De même… Ne prenez pas la parole en public si vous êtes tellement éloigné du peuple que vous ignorez le prix d’un croissant. Je dis ça…

Bref, dans le langage, adaptez-vous à votre interlocuteur pour être compris.

Toutefois, cela n’est pas suffisant, il faut aller plus loin.

Posture et tenue

On le voit beaucoup plus aux Etats-Unis qu’en France, mais le mimétisme va beaucoup plus loin que le langage.

Il faut adopter une certaine posture, un langage corporel cohérent – et adapter sa tenue.

Observez les couleurs de cravates, regardez les tenues US quand les candidats se rendent dans les Etats du Sud ou du centre.

Il n’y a que chez nous qu’un président va faire le marché, en costume – cravate.

Si vous voulez que les gens vous comprennent, vous croient, vous écoutent… Maîtrisez leurs codes et utilisez-les.

Relations publiques et presse

C’est la dernière partie mais, pas la plus aisée.

Nous le savons aujourd’hui, les media, même s’ils se trompent encore beaucoup en matière de politique, peuvent faire basculer les choses.

Une campagne politique efficace (ou finalement une campagne de communication de manière générale) doit avoir à sa disposition des personnes compétentes dans les relations publiques et les relations presse.

Cela peut être fait en interne ou externalisé, mais il faut quelqu’un qui comprenne les intentions de vote, les idées des foules, le fonctionnement des media et des journalistes.

Il faut une personne qui soit capable de vous dire, ce message doit être délivré à ce moment, parce que ce qui se joue actuellement, c’est ça, et c’est sur ce media qu’il faut le dire.

Oui, c’est un peu machiavélique, je vous l’accorde mais, c’est une réalité.

Finalement, la politique se rapproche assez d’une campagne de communication d’un grand groupe, d’un entrepreneur, d’un dirigeant… Vous l’avez bien compris maintenant, tout est lié, ce sont simplement les mécanismes internes à chaque domaine qui changent un peu, le fond reste le même.

Que faut-il retenir alors ?

En politique comme pour la communication de marque, ou le Personnal Branding du dirigeant, il faut savoir s’adapter à son public, et cela passe par quelques points clés :

– Comprendre son audience, sa cible, ses électeurs.
– Parler un langage qui sera compris
– Adopter la bonne charte graphique, la bonne tenue, la bonne posture
– Maîtriser les relations publiques et les relations presse
– Avoir une stratégie claire mais adaptable.

C’est tout pour aujourd’hui – j’ai pris plaisir à écrire cet article et j’espère qu’il vous aura plu également. N’hésitez pas à me dire en commentaire, si ce sujet vous intéresse plus qu’un autre. J’aime aller des billets d’humeur vers les billets communication et j’espère aborder d’autres thèmes encore, cela dépendra aussi de vos demandes et de vos interrogations.

Je retourne à mon petit café sur une terrasse de Chiang Mai – où il fait actuellement 30 degrés, ce qui ne m’empêche pas de préparer les reco de mes clients.

Written by Jérémy Kohlmann
Je m'appelle Jérémy, et j'ai créé ce blog aussi bien comme carte de visite que moyen d'expression. Nous traiterons ici de ce que j'aime (le sport, la santé, l'aspiration au mieux-être) mais aussi de ce que je fais (la stratégie digitale, les réseaux sociaux, le Brand Content). Pour plus d'informations, le menu contact est juste au-dessus.