(Interview) Benoit Wojtenka, une communication sereine pour un entrepreneur apaisé

J’ai rencontré Benoit il y a quelques années maintenant. Humain formidable, ami sincère, c’est surtout un entrepreneur de qualité, avec une vraie vision de la communication au sens de conversation. Chaque mois, il accompagne avec son associé et son équipe, des centaines de milliers d’hommes, à travers les méandres du style Masculin, avec un blog devenu marque de vêtement à part entière. Je suis certain que cette interview vous passionnera, comme elle m’a inspiré, à l’image de celui qui y répond aujourd’hui ! En voiture !

– Hello Benoit, pour commencer, peux-tu te présenter et parler de ce que tu fais pour ceux qui ne te connaissent pas ? 
Je suis Benoit, 30 ans, et j’ai fondé BonneGueule il y a plus de 10 ans, en 2007, en tant que média. BonneGueule aide les hommes à se sentir bien dans leurs vêtements, à travers nos conseils gratuits distillés sur notre site et notre marque de vêtements, qui s’appelle aussi BonneGueule, et qui est distribuée dans deux boutiques à Paris, et deux autres à Lyon et Bordeaux.
– BonneGueule, que vous avez créé, monté avec Geoffrey, c’est plutôt une très belle réussite. Vous avez pris le parti de la transparence, de tout raconter à vos lecteurs puis clients, de tout dire. Cette idée est venue comment ? 
Parce que je ne me voyais pas faire autrement ! Cacher des choses, c’était intenable pour moi, ça ne correspondait tout simplement pas à mes valeurs.
Et j’aime apprendre, comprendre et j’aime transmettre. C’était donc tout naturel pour moi de l’expliquer aux autres, de tout dire.
Dernier point important : je n’ai jamais pris nos lecteurs/clients pour des enfants. C’est-à-dire que je ne suis jamais parti du principe « je peux pas dire ça, ils ne peuvent pas comprendre, c’est trop compliqué ».
On dit ça à des enfants, mais pas à des adultes.
 A chaque fois, je me disais qu’on était responsable pour l’expliquer de la meilleure manière possible. C’était de notre responsabilité de tout faire pour qu’ils comprennent le mieux possible ce qu’on a à dire.
 
– Comment aujourd’hui, on peut créer un branding de marque sincère et transparente, qui veut une vraie relation avec ses clients ? 
La première chose : en y mettant de la bonne volonté ! J’ai rencontré trop de créateurs qui souhaitaient rester dans une logique d’opacité. Ou qui voulaient être transparents uniquement quand ça les arrangeaient.
Etre transparent, c’est être vulnérable, et il faut accepter que cela passera forcément par des moments inconfortables, désagréables, où on devra prendre ses responsabilités. Si on est pas prêt à payer ce prix, c’est mort.
Par contre, en retour, la relation avec ses clients et ses lecteurs sera fantastique, enrichissante des deux côtés. En interne, si cette culture ne part pas des fondateurs/dirigeants, c’est aussi foutu, car le « top management » sera très frileux et méfiant de cette vulnérabilité qu’ils n’ont jamais appris à gérer.
 
– Hors boulot, tu as aussi une approche de la communication interpersonnelle qui t’est propre, très non violente, dans l’explication. Tu nous racontes ?
Oui, j’ai découvert la CNV (communication non violente) en 2016, qui m’a aidé à me sortir de situations bien délicates.
Tout le monde est persuadé savoir communiquer de manière non violente, car tout le monde pense qu’il s’agit ou qu’il suffit d’être « gentil », de « passer de la pommade », de « prendre des pincettes », de pas « être trop brusque », etc.
Bref, c’est l’image d’une communication bisounours.
Tout ça c’est du bullshit, et la CNV, c’est exactement l’inverse : c’est prendre la responsabilité de ses besoins, et de les communiquer correctement, c’est de faire des observations spécifiques, contextualisées, et dénuées de tout biais cognitifs, c’est s’assurer qu’on a bien compris ce que veut l’autre afin d’y répondre correctement, c’est accepter que quelqu’un dise « non », ou fasse une demande qui n’aille pas dans notre sens, bref, c’est avoir une communication adulte et mâture, et absolument pas infantilisante.
Tous les entrepreneurs devraient apprendre la CNV, tous.
– La communication « paisible », c’est la clé de tout selon toi ? 
Paisible oui, mais dans le sens « je garde une lucidité sur les choses et où je ne m’emporte pas pour n’importe quel prétexte ». Finalement, c’est être dans un esprit où s’il y a un problème, on est là pour trouver des solutions en tant qu’adultes, sans s’énerver pour des conneries.
Il y a une citation de Jim Rohn que j’aime bien, où il explique que plutôt que d’éviter les problèmes, on devrait plutôt monter en compétences pour les résoudre. A partir de là, on peut avoir confiance en soi, et dans la suite, et derrière le mot « communication paisible », j’y vois plutôt le mot « communication sereine ».
– Quelque chose que tu veux ajouter ? 
Vraiment, apprenez la CNV !
– Un livre que tu veux nous conseiller ? 
Oui, « les mots sont des fenêtres » pour apprendre la CNV et Reinventing Organisations de Frédéric Lalloux, qui a fait un travail de recherche remarquables sur les entreprises ayant des pratiques très avancées en matière de self management, de bien-être au travail. Il m’a beaucoup inspiré, même s’il y aura toujours des détracteurs qui seront là pour démontrer le contraire.
– Une personne que tu connais et que tu aimerais lire dans la prochaine interview ? 
Florian Morata ! C’est l’un des personnages les plus atypiques et radicaux que je connaisse dans mon entourage. Il a distordu la réalité pour la faire rentrer dans ses attentes et son style de vie rêvé, à un point que je n’aurai pas pensé possible. Et c’est aussi un homme au grand coeur, passionné par l’entrepreneuriat et l’apprentissage, qui passe son temps à donner de la valeur aux autres, j’ai même l’impression que c’est son loisir favoris !
Très bien, on va bizuter Florian la prochaine fois alors ! Merci Benoit ! 
Vous l’aurez compris, et je le répète assez ici, tout passe par l’histoire que vous souhaitez raconter à vos lecteurs, clients, amis, collègues. Benoit a une approche TRES intéressante, basée sur les besoins communiqués, l’acceptation de sa responsabilité d’éditeur, mais aussi de personne, et le fait de faire coincider cela avec ses valeurs, puis avec celle de l’autre.
C’est à la fois une manière de devenir une meilleur personne, mais aussi un très bon moyen de devenir un bon communiquer, pour porter son projet auprès des autres.
Enfin la transparence et la vulnérabilité dans la communication de marque… que dire…
Pour moi, c’est la clé.
Written by Jérémy Kohlmann
Je m'appelle Jérémy, et j'ai créé ce blog aussi bien comme carte de visite que moyen d'expression. Nous traiterons ici de ce que j'aime (le sport, la santé, l'aspiration au mieux-être) mais aussi de ce que je fais (la stratégie digitale, les réseaux sociaux, le Brand Content). Pour plus d'informations, le menu contact est juste au-dessus. Qui je suis ? Je suis un conteur moderne.