Chloé Diegel, une histoire d’Art à travers le monde

J’ai rencontré Chloé il y a quelques années maintenant, encore très jeune, elle avait déjà l’oeil vif, de belles références culturelles et on sentait en elle la soif d’apprendre. Je suis toujours ravi d’avoir raison ! Aujourd’hui, elle vient nous parler d’Art et de voyage, comme elle sait si bien le faire. Alors, comment choisit-on une oeuvre ? Comment savoir ce que veut dire l’Art ? Et le marché, il est comment ? J’ai parlé d’Art, de marché et d’histoires avec Chloé…

Hello Chloé ! Pour commencer, tu nous parles un peu de toi, de ce que tu fais, de ton parcours perso et pro ? Tu as pas mal bougé… 

Salut Jeremy ! Alors je suis née à Johannesburg, d’un père Suisse/Allemand qui est né en Nouvelle-Zélande et a grandi au Canada et d’une mère Taïwanaise qui a longtemps vécu en Afrique du Sud. Mes parents se sont rencontrés à l’Université de Cape Town, ils œuvraient dans le domaine de la musique, puis de fil en aiguille, ils se sont retrouvés à travailler dans le domaine médical à Paris. J’ai été scolarisée à Johannesburg, dans une petite ville près de Oxford, puis à Paris, avant d’entrer dans un institut des arts en Angleterre, avant d’atterrir de retour à Paris dans une école spécialisée en vente de l’art. Aujourd’hui j’accompagne des artistes émergents ou établis à travers leurs parcours professionnels, surtout des artisans, des photographes et quelques artistes urbains. J’écris beaucoup, pour eux, pour des galeries, et j’adore transmettre le goût de l’art, dans un langage plus simple et engageant à ceux qui m’entourent !

Moi je te connais, et on en parlait il y a quelques jours, mais ta passion et ton métier, c’est l’Art. Tu me disais que cela raconte des histoires, que cela exprime des idées, de façon tangible. Tu nous expliques ? 

Acte de communication et d’interprétation, l’Art est un témoin de vie, une réaction au réel et aux sentiments et son analyse historique permet de refléter la mentalité, la culture et les aspirations de ceux qui créent, que ce soit pour eux-mêmes ou pour autrui. Une œuvre d’Art est le plus souvent un élément tangible, véhiculant des pensées, des sentiments ou des idées et elle se présente dans le même espace que celui du spectateur, qui est convié à une expérience physique.

Qu’est-ce qui t’a amené à choisir l’art ? 

Petite, j’avais le besoin de m’exprimer manuellement. Je dessinais pour décrire mes émotions et ce que j’observais autour de moi, sans pour autant m’intéresser véritablement aux autres artistes ou aux œuvres que je pouvais voir lorsque mes parents m’amenaient au musée. C’est au fil de mes rencontres, d’histoires racontées, et à force de faire face aux bleus percutants de Miró ou aux installations déjantées de Annette Messager au Centre Pompidou en 2007 que j’ai commencé à découvrir un monde fabuleux aux possibilités infinies qui s’ouvrait devant moi.

Quelqu’un qui veut commencer à collectionner « un peu » dès demain, tu lui conseilles de lire quoi ? Tu lui conseilles de se cultiver comment dans ce domaine ?

Je pense qu’avant de se mettre à collectionner des œuvres, il faut savoir ce qui nous pousse à vouloir le faire. Est-ce pour satisfaire un hobby ou une passion ? Posséder de beaux objets ? Ou est-ce pour diversifier un portefeuille d’investissement et optimiser son patrimoine ? Si c’est le cas, il faut déjà une bonne connaissance de ce que l’on souhaite acheter (mediums, courants, origines…), ainsi que connaître un petit peu le marché (systèmes d’achats et de vente) ! C’est un monde féroce, qui est très bien expliqué dans The $12 Million Stuffed Shark par Don Thompson. Ce livre écrit en 2010, qui certes est en anglais, mais divisé en chapitres clairs et détaillés, donne un bon du fonctionnement du marché de l’art contemporain et des maisons de vente aux enchères. Des sites comme Artnet ou Artprice (les deux plus connus) sont très utiles pour prendre connaissance des derniers résultats des ventes aux enchères d’art moderne et contemporain. Ils montrent en ligne les dernières « tendances » du moment et fournissent des informations utiles aux collectionneurs, amateurs ou professionnels. Certaines publications de la presse spécialisée tels que Connaissance des Arts, Beaux-Arts magasine, Art Actuel ou la Gazette Drouot peuvent aussi être de bonnes sources d’information.

 

Parfois, on se surprend à écouter les histoires de galeristes un peu sûrs d’eux qui font des grandes phrases sans aucun sens pour expliquer une œuvre, tu as déjà vécu ça ? 

Alala, oui ! Il faut parfois faire attention aux mots des galeristes dont le but reste avant tout de vendre et de mettre leurs artistes en avant par tous les moyens. N’oubliez pas de vérifier la compétence et la qualification de votre interlocuteur ! Celui-ci doit avoir un bagage suffisant. J’ai déjà été confrontée à des galeristes qui m’ont fait de longs discours alambiqués sur des œuvres, mais dès que je leur ai posé des questions plus pointues sur le contexte ou les méthodes mêmes de l’artiste, ils se mettaient à bafouiller, car ils ne savaient pas vraiment de quoi ils parlaient.

  

Comment on utilise les réseaux sociaux et le marketing dans le domaine de l’art ? 

Nous, les acteurs du marché de l’art, essayons de nous insérer dans la vie quotidienne de notre public-cible et de montrer que nous sommes d’actualité en surfant sur les dernières tendances digitales. Les réseaux sociaux sont devenus les nouveaux instruments médiateurs d’actualité qui permettent de sortir des circuits institutionnalisés traditionnels. Ils sont une passerelle directe vers le public de demain. L’importance d’une bonne stratégie numérique est devenue quasi omniprésente dans pratiquement tous les métiers de l’art aujourd‘hui !

Est-ce qu’il y a un livre que tu veux nous conseiller ? 

J’en ai plusieurs !

Le Dictionnaire des Symboles par Jean Chevalier et Alain Gheerbrant : j’en li une petite section par jour et je me sens bien maligne quand je peux décrypter des symboles dans des œuvres d’arts devant les copains ou au boulot. Je le feuillète souvent !

La collection « L’ABCdaire » (Art) par Flammarion : une approche simple, visuelle. Les thématiques sont classées par ordre alphabétique des plus grands artistes et courants artistiques. Idéal pour les novices en histoire de l’art.

Et mon GROS coup de cœur dernièrement : Le Restaurant de l’Amour Retrouvé par Ito Ogawa. L’art de rendre les gens heureux en cuisinant pour eux. C’est une copine journaliste qui me l’a prêté (je suis une foodie aguerrie) et je l’ai dévoré en quelques jours ! La fin est trop bien !

Quelle personne voudrais-tu voir interviewée ici la prochaine fois ? 

Un copain artiste Raphaël Federici (Alias Paris Sketch Culture). C’est un mec fabuleux qui illumine les rues de Paris, de Rio, New-York (la liste est longue…) avec son héro-marin coloré aux allures romantiques qui est confronté à la grisaille de la ville. Je respecte beaucoup sa démarche artistique car il expérimente beaucoup et on le sent dans l’évolution son personnage. Il nous donne à voir un vrai reflet de son propre monde !

Un mot pour la fin ou quelque chose que tu veux partager ? 

« Le motif est quelque chose de secondaire, ce que je veux reproduire, c’est ce qu’il y a entre le motif et moi ». Claude Monet.

Voilà pourquoi le monde de l’art est si fascinant à mes yeux. Les artistes évoquent des émotions, des impressions et il est tellement merveilleux de se dire que grâce à leurs rendus, on peut explorer un nombre infini de dimensions et de perceptions du monde vu par l’autre.

 

Chloe en Marianne, pour le street artist Combo Culture Kidnapper.

 

Tours d’enseignement artistique dans des  écoles et orphelinats à Haiti à répéter chaque année. Ici : visite aux écoles Andrew Grene à Cité Soleil.

 

Tournage de l’épisode pilote de Inside Street Art, avec Raphaël Federici, produit par EFERYA.

 

Merci Chloé pour ton temps et toutes ces réponses ! 

Written by Jérémy Kohlmann
Je m'appelle Jérémy, et j'ai créé ce blog aussi bien comme carte de visite que moyen d'expression. Nous traiterons ici de ce que j'aime (le sport, la santé, l'aspiration au mieux-être) mais aussi de ce que je fais (la stratégie digitale, les réseaux sociaux, le Brand Content). Pour plus d'informations, le menu contact est juste au-dessus. Qui je suis ? Je suis un conteur moderne.